Impossible d’échapper au buzz du moment sur la Génération Y qui marque une nouvelle étape dans l’intérêt porté à cette Génération/Culture. Cette fois-ci ce ne sont plus seulement les marketers, les managers, dirigeant ou professeurs qui sont concernés mais le grand public.
Que celui qui a dit « Comme quoi c’est vraiment la fin du monde » se dénonce.
Petit rappel des faits…
1993 : Arrivée du concept de Génération Y dans le marketing
Première utilisation du concept de Génération Y dans le magazine « Advertising Age » décrivant une nouvelle race de consommateurs qui répond bien aux marques, surtout si elles participent à rendre le monde meilleur, mais qui n’hésiteront cependant pas à la laisser tomber si elle devient trop chère. (lire le texte fondateur de la génération Y)
2003 : On en parle dans les entreprises
On commence à en parler dans le management et les Ressources Humaines avec la sortie de plusieurs ouvrages en français sur les jeunes et surtout la publication aux Etats-Unis de « Generation Why » de Eric Chester, livre fondateur de la compréhension de cette génération en termes Managerial.
2008 : Les profs sont à l’écoute et les écoles s’interrogent
En fait 2008 ne concerne pas seulement la génération Y ou les « étudiants consommateurs » mais l’arrivée des réseaux sociaux dans l’école et leur impact sur le statut du professeur et sa relation avec les étudiants. Voir à ce sujet notre article sur l’éducation de l’information à l’innovation.
2012 : Le grand public entend parler de cette « nouvelle » génération de « jeunes »
3 événements concomitants :
La parution d’une enquête Ipsos/Logica pour le CESI qui montre une fois de plus que les 17-30 ans sont jugés durement par les autres salariés. Individualistes, peu fidèles etc. Cette étude rejoint le résultat de l’enquête de Novembre 2011, toujours Ipsos/Logica mais avec Le Monde cette fois qui dévoile que 81% des français pensent qu’il est difficile d’être un jeune aujourd’hui tandis que 1 français sur 2 pense que les jeunes sont égoïstes (63%), paresseux (53%) et intolérants (53%). Pour info, selon les enquêtes menées par l’observatoires de la jeunesse solidaire et l’AFEV, ces chiffres sont les mêmes qu’en 2009.
La publication de l’ouvrage « La génération Y par elle même » par deux journalistes de 27 et 29 ans Myriam Levain et Julia Tissier qui font une présentation de « leur » génération grâce à une synthèse de leur rencontre avec 50 personnes sur ce sujet. Vous n’avez sans doute pas plus échappé au Buzz de sa sortie. A lire l’article des auteurs dans le nouvel obs : « Génération Y : les moins de 30 ans sont ils mous du genou ?« .
En parlant de politique, les élections présidentielles de 2012 vont parler de plus en plus de la jeunesse dont le taux de chômage inquiétant va être l’un des éléments du débat. Débat qui a commencé il y a quelques temps avec les propositions de François Hollande pour la jeunesse et le travail de la fondation ADN sur les citoyens de la génération Y.
Concernant le Blog Generationy20.com, 2012 est aussi le moment où l’équipe de GénérationS (ex Génération Y 2.0) est à la croisée des chemins. Nous allons fêter nos 5 ans le 14 février et comme vous l’avez vu nous avons cessé de publier des articles descriptifs des caractéristiques de la Génération Y.
Nous nous concentrons aujourd’hui à apporter des solutions concrètes aux managers, dirigeants, commerciaux ou professeurs etc.
Pour cela nous nous concentrons de plus en plus sur nos autres activités de conseil en innovation avec le shift et Dynesens pour la formation, ainsi que notre dernier ouvrage sur la Wanagement et notre nouvelle plateforme collaborative d’identification de tendances Trendemic.
Autour des quatre auteurs de « La Machine à trier – Comment la France divise sa jeunesse », chefs de grandes entreprises, acteurs associatifs et jeunes de tous horizons seront là. Ce sera le moment d’interpeller les décideurs. Pour enrager, critiquer, éclairer, proposer, venez ! Des places sont évidemment réservées aux lecteurs et contributeurs de ce blog.
La thèse du livre : il n’y a pas « une jeunesse » qui serait « sacrifiée » mais 2 jeunesses : les diplômés s’en sortent, ceux sans diplôme sont victimes d’une « triple peine » (école élitiste qui les met de côté, marché du travail fermé aux non diplômés, système social qui ne les aide pas).
Le diagnostic semble quasi unanimement partagé. Vincent Peillon et Eva Joly, notamment, ont repris l’expression « Machine à trier » à leur compte (cf cet article). Il s’agit maintenant d’oeuvrer aux solutions. Le débat ne doit pas être réservé aux technocrates, c’est pourquoi participeront des recruteurs (chefs de grandes entreprises notamment), acteurs de l’insertion et de l’emploi des jeunes, jeunes issus de tous horizons…
Il semble à présent largement admis que les nouveaux comportements que nous observons (regroupés sous les « 4 I ») ne peuvent être exclusivement attribués aux jeunes et que nous assistons bien à une profonde évolution de notre société (ce que nous appelons la « culture Y »). La controverse sur l’existence ou non de la génération Y étant arrivée à son terme, il nous reste à présent à nous demander ce que nous pouvons bien faire de ce constat.
La première initiative fut d’inciter les entreprises à modifier leurs pratiques en termes d’attractivité (marque employeur), de recrutement (réseaux sociaux) et d’intégration (tutorat). Il en reste cependant 2 autres à aborder, et non des moindres.
Comment faciliter la coexistence de plusieurs cultures dans l’entreprise ?
C’est par cette réflexion que sont nées quelques initiatives à classer dans la famille des actions de « management intergénérationnel ».
Alors que beaucoup ressassent les spécificités des 3 générations et incitent à adapter son management en conséquence (cf. toute la littérature récente), certaines entreprises ont intégré le bénéfice de mutualiser les capacités propres à chaque « culture », telle que nous les décrivons dans notre accompagnement (ordre, succès, équilibre et liberté).
La littérature sur les jeunes dans l’entreprise, qui est devenue la Génération Y à partir de 2003 aux Etats-Unis, de 2004 en Australie et de 2006 en France s’est développée à partir des années 2000. La parution d’ouvrages sur ce thème semble s’accélérer depuis 2008 alors que la Génération Y est devenu un enjeu de société. Revue de presse des ouvrages disponibles en langue française par ordre chronologique de publication.
La mosaïque des générations – Jean-Luc Excoussseau – Tendance les échos – 2000
Quatre générations cohabitent aujourd’hui en France et vivent dans des mondes parfois plus clos qu’il n’y paraît. Qu’est-ce qui, dans le fait d’appartenir à une génération donnée, nous distingue des autres générations ? Il y a bien sûr le parcours dans la vie qui n’est jamais tout à fait le même, le destin social qu’impose l’histoire et sa loterie, les étapes de la vie qui nous font remplir des fonctions, assumer des responsabilités et jouer des rôles bien différents.
Mais c’est ailleurs que s’affirme le mieux notre personnalité de génération et que se manifestent avec force nos irréductibles différences : au coeur des objets qui nous entourent et qui nous sont si familiers, au coeur des choix concrets de tous les jours que nous faisons sans réfléchir, des goûts et des sensibilités qui nous semblent si largement partagés qu’on n’en parle même plus.
A partir des données démographiques, socio-économiques et historiques, l’auteur nous raconte comment ces évidences en apparence modestes et ces petits détails de vie peuvent en dire long sur nous et nos générations.
Lucie, actuellement une licence professionnelle en Management des organisations de l’IUT de METZ, est en alternance. Ses projets sont de continuer par un diplôme universitaire dans l’événementiel (pour le plaisir) avant de trouver un emploi dans la communication.
J’ai 21 ans et je me rends compte que j’ai parfois l’impression de parler comme mon père. Peut-être pas de la même manière, mais j’arrive à trouver des différences entre ma génération et celle de mon petit demi-frère de 12 ans…
A l’époque, quand j’avais son âge, je n’avais peut être pas de téléphone portable – j’ai eu mon premier à à 16 ans – mais mon père me disait déjà : « Lorsque j’avais ton âge, on n’avait pas tout ça… Je prenais mon vélo pour aller jouer au foot avec mes copains. Pas de téléphone portable, ou de téléphone tout court, parce que ça coutait cher. Alors on sortait et on allait sonner aux portes… »
Une réponse simple « Oui papa, tu as raison mais c’était à ton époque…». Sous entendu, « vive le temps des dinosaures », même si mon père n’est pas très vieux, il a la cinquantaine.
Aujourd’hui, nous bougeons peut-être moins, mais nous bougeons quand même un peu. Le portable nous sert à nous assurer de ne pas bouger pour rien… Puis aussi, à être en permanence en contact avec nos ami(e)s, et bizarrement, même si on se voyait toute la journée en classe et bien le soir on avait quand même plein de chose à se raconter.
Quand plusieurs cultures se rencontrent sur le lieu de travail…cela peut donner des clichés tels que :
• « C’est quoi ce petit jeune qui part à 17h30 alors qu’il y a encore plein de travail ? » (Michel, 53 ans)
• »Il croit tout savoir, il veut tout changer et il n’écoute rien de ce que je lui dis ! » (Isabelle, 42 ans)
• »Pour moi, un bon manager c’est quelqu’un qui m’écoute, me laisse ma liberté et qui m’aide à progresser. A bien y réfléchir, c’est tout l’opposé de mon chef… » (Etienne, 26 ans)
Comment expliquer ces différences entre générations en sortant de la facilité du classement par l’âge ? Et si la réponse était ailleurs ?
• Une certitude : les équipes d’aujourd’hui ne ressemblent plus à celles d’hier
• Une nouveauté : pour la première fois, 3 générations aux valeurs et modes de pensée différents doivent collaborer ensemble
• Un constat : ces divergences générationnelles peuvent parfois être source d’incompréhensions et de tensions
Vous souhaitez :
• Comprendre les spécificités de chaque génération sans tomber dans les stéréotypes habituels
• Renforcer la coopération et la complémentarité entre générations avec des exemples concrets
• Echanger avec des professionnels RH qui ont mis en place des démarches innovantes
• Confronter vos idées sur le sujet… Lire la suite »
Pour ceux qui n’ont pas assisté au premier colloque qui a marqué le lancement d’ADN, nous avons débattu de la génération Y. Si cette génération des 20-30 décrites est souvent décrite comme zappeuse, consommatrice, individualiste et technophile qu’en est il vraiment de son engagement ? Comment s’engage, et pour quoi s’engage, cette génération qui semble déserter les partis politiques, les Eglises et les syndicats, mais que l’on retrouve active dans les réseaux sociaux et les associations ?
La Fondation ADN veut observer et comprendre les expériences, concrètes, avec les acteurs concernés, pour voir quels outils ou solutions pourraient être développés, pour faciliter ou renouveler l’engagement. Parce que l’on part du présupposé, dont nous allons débattre, que la vie commune suppose l’engagement, c’est-à-dire l’action collective, au nom de valeurs.
Peut-être connaissiez-vous « A vision of students today ». Un travail collaboratif dirigé par Michael Wesch professeur à la Kansas State University qui se présente comme « Anthropologue du web ».
Il y a maintenant 4 ans, il avait invité les 200 participants à son cours sur l’anthropologie culturelle à lui dire ce qu’ils pensaient de leur éducation sous forme d’un script qui pourrait ensuite être filmé et publié sur Youtube. Cette vidéo qui devait à l’origine durer 3 minutes devait présenter les caractéristiques de ces étudiants dans leur mode d’apprentissage, leurs attentes envers l’éducation, leurs espoirs et leurs objectifs de vie. Le résultat a été légèrement différent…
Lui même fut surpris du résultat, d’abord du sentiment de désengagement de l’éducation envers les étudiants qui ressort de façon frappante de cette concertation. Mais aussi, bien sur, du million de vue qui a été atteinte le premier mois de la publication de cette vidéo !
Le résultat est cette vidéo présentant la promo en tant que génération dans leur vie étudiante tout en faisant un lien avec le monde connecté et virtuel. Plusieurs citations datées du 19 et 20e siècle émaillent la vidéo pour démontrer que quelque soit l’évolution des savoirs et des modes d’apprentissage tout n’est finalement qu’un cycle qui se perpétue.
Moins connu que TED, l’USI est pourtant un événement à ne pas manquer ! Même si vous ne travaillez pas dans l’informatique allez piocher dans leurs vidéos pour y voir Neil Armstrong, Chris Anderson, Albert Jacquard, etc.
Je suis intervenu au début de la seconde journée consacré au thème « humainement » en commençant par faire participer le public pour « redescendre sur terre » après l’intervention de Michel Serres.
Le pitch de mon intervention : Sur la diversité culturelle dans l’entreprise
Le choc des générations n’a pas eu lieu. L’intergénérationnel n’est pas ce que vous croyez…
Les «Y» ne sont plus une génération mais une culture qui s’est diffusée et nous touche tous. L’usage des technologies, l’évolution de la société, le rapport à l’entreprise et à sa marque, ont généré autant de cultures maintenant implantées dans l’entreprise et sur le marché.
L’enjeu n’est plus de survivre à d’étranges «Y», cloisonnés par tranche d’âge, mais d’apprendre à intégrer cette diversité culturelle dans nos équipes et à en comprendre l’impact sur nos stratégies de développement.