Un point de vue sur la génération Y d’un Yers américain
Publié par Benjamin dans Generation Y, tags: conseil, génération Y, generationy20.com/en, yers« Dans le monde du consulting générationnel il y a de la place pour que tout le monde puisse prendre sa part du gâteau. Il n’y a littéralement aucune restriction, aujourd’hui, à l’influence que peuvent avoir les consultants en Génération Y sur ceux qu’ils conseillent. »
« Il y a une distinction entre « conseil » et « regard » quand on donne ou reçoit une consultation… l’application pratique de ces deux types d’information est simple : la première une simplement une collection de faits sans perspective alors que la seconde est une collection de faits avec la compréhension quant à la façon de les appliquer. Aujourd’hui il est trop facile aux « consultants générationnels » de donner des conseils et de les voir considéré comme providence et de les valoriser réellement. »
« Une des règles de base pour atteindre la Génération Y est d’accéder à leur niveau, à NOTRE niveau. Sans réelle expérience d’être un « Y », un consultant ne peut pas fournir de regard, seulement des faits, ce qui est dangereux et peut éventuellement tromper un client…SAUF si le consultant est un vrai « Yer ». Les autres ne peuvent honnêtement pas donner de conseil sur la génération Y. »
Bret a un avis intéressant mais n’avons nous pas déjà entendu: « vous ne pouvez pas comprendre notre génération à moins d’en faire partie !»
Je pense qu’une petite précision mérite d’être faite. Cela fait maintenant 5 ans que nous nous époumonons à expliquer que être « Y » c’est d’abord appartenir à une culture particulière et pas un âge ! Il s’agit peut être d’un comportement ou d’un état d’esprit qui est bien sur partagé par un grand nombre de personne du même groupe d’âge mais pas seulement !
Dire qu’à moins que vous ne soyez un Y vous ne pouvez comprendre et conseiller en matière de Y signifierai donc que vous ne pouvez être docteur sans être malade. Voir que plus vous êtes malade, plus vous êtes un médecin compétent. C’est un raccourci un peu court non ? Alors, est ce que les X ne peuvent-ils que parler de Goldorak et les Baby-Boomer de Colargol et laisser internet, le changement, etc aux plus jeunes ?
En plus, se concentrere seulement sur les Yers est une « ME » (Monumentale Erreur). OK, nous voulons bien croire que c’est à la mode en ce moment. Pourtant, si les Y cherchent à imposer des changements sur le lieu de travail, il faut mettre les choses en perspective ! Ces changements ont été demandé depuis des années par des personnes aujourd’hui dans leur milieu de trentaine et au-delà. Rien de neuf ! Transition ou non, nous devons aussi prendre en considération les autres cultures (générationnelles et autres) et des rapports entres-elles !
Avoir des Yers dans l’équipe comme la notre est évidemment très utile. Bien sur il y a de nombreux consultants qui ne sont pas des Y, certains ont une culture de l’adversité bien plus X, d’autres ont même dépassés la trentaine (quelle engeance !). Ce sont pourtant eux qui sont les plus actifs dans les réseaux sociaux, le monde 2.0 et autre systèmes collaboratifs (En 2010 la moyenne d’âge sur Facebook est de 31 ans et sur Twitter de 39 ans). Certains, mon dieu mon dieu, sont même des Baby-boomers. Pourtant nous sommes fiers de pouvoir bénéficier de leur expérience des talents, du management et des organisations. Des connaissances difficile à dupliquer en quelques mois (incroyable n’est ce pas !). Ils ont construit une expérience concrète qui n’est plus seulement potentielle et sont toujours innovant et avide de changement ! Et là je ne rajoute pas un « qui l’eu cru lustucru », qui vous donnerai facilement ma tranche d’âge.
Nous accueillons donc notre consultant américain Y en lui demandant de comprendre que si nous acceptons qu’il aie une expérience à 25 ans, on peut aussi avoir de l’avenir et son mot à dire après 55 ! Saperlipopette !




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Il me semble que l’achoppement sur le mot « comprendre » est assez symptomatique de la différence entre les générations. Comprendre, pour un boomer, c’est une série d’analyses logiques permettant une rationalisation du monde et sa mise en forme dans de petites boîtes dont rien ne dépasse, le rouge, avec le rouge, le violet avec le violet, et tout ce qui se passe entre deux teintes de l’arc en ciel tant pis. La notion d’éccéité angoisse terriblement les boomers, alors que c’est justement ce qui passionne les Y. Comprendre, pour un Y, c’est, au premier sens du terme, « embrasser dans un ensemble », « prendre ». Le Y a choisi l’empathie, le « se mettre à la place de », ce qui impose à un moment la rupture totale de frontière entre les deux « boîtes » d’identité, ce qui implique qu’elle soient parfaitement constituées. Cette pirouette mentale est éprouvante pour l’égo, mais elle permet de comprendre en profondeur. Je ne sais pas pourquoi ni comment cette génération a choisi ce mode de compréhension, mais je sais qu’elle aime la réciprocité et le refus d’empathie des générations précédentes les blesse profondément, les rend amers. Je les ai vu tendre beaucoup de perches jamais saisies, je comprends donc parfaitement ce que recouvre le « on ne peut pas comprendre si on n’est pas un Y ». Je ne suis pas une Y, mais je comprends. Il faut pourtant bien admettre que nous ne sommes pas nombreux a avoir vraiment essayé de nous mettre « dans la peau des Y ».