Comment conjuguer la baisse du chômage des moins de 25 ans et celle des plus de 50 ans ? La solution semble évidente : créer un contrat de génération !

Contrat de génération, le contrat marronnier

Quelle étrange sensation de déjà vu. Cette mesure nous fait fortement penser à celle du passage aux 35 heures dont le but initial reposait, tout comme ce projet de loi, sur une équation mathématique : diminuer le nombre d’heures de travail augmenterait logiquement le nombre d’emploi.

Si ce résultat n’a pas été atteint, la réduction des 35 heures a eut un autre effet, celui de modifier le rapport au travail, mais c’est un autre sujet.

Comme  » plus de la même chose produit les mêmes effets », il y à fort à parier que ce mode de raisonnement produira les mêmes résultats, à savoir… pas grand chose.

Par expérience, les seules dispositions légales qui influent sur les pratiques d’entreprises sont des mesures soumises à des pénalités, tels que les dispositifs relatifs à l’emploi des seniors et des personnes handicapées.

Un projet de loi qui laisse perplexe

Ce projet de loi part de présupposés qui laissent perplexe :

1 – le taux de chômage des jeunes n’est pas de 25% puisque comme le précise Jean-Paul Delevoye 70% des jeunes sont étudiants et ont un emploi occasionnel (jobs d’été, petits boulots…). En fait, le véritable taux de chômage des jeunes serait plutôt de 25% des 30% des jeunes en activité.

2 – cette mesure repose sur l’idée selon laquelle la pérennité de l’entreprise repose sur la capacité des anciens à transmettre leur savoir-faire aux plus jeunes. Ce mode de pensée « traditionnaliste » pourrait avoir du sens au sein d’entreprises artisanales ou industrielles, mais c’est loin d’être la majorité des activités de nos entreprises.

De plus, fort est de constater que la compétence est davantage liée à la capacité à résoudre de nouvelles problématiques qu’à la reproduction de pratiques issues du passé.  « L’expérience n’est pas ce qui arrive à une personne mais ce que la personne fait de ce qui lui arrive ».

Et d’ailleurs, puisqu’il s’agit d’un contrat de génération, pourquoi les jeunes ne seraient-ils pas embauchés pour former les anciens (aux NTIC, à la créativité…) ?

3 – Tout comme la réglementation sur le maintien dans l’emploi des seniors, le principal dispositif proposé dans le cadre de ce contrat de génération est le tutorat. Or, au-delà des précisions apportées ci-dessus, tous les seniors n’éprouvent pas forcément de plaisir à prendre des fonctions de tuteur.

4- Enfin, comme l’évoque Michel Meunier, Président du Centre des Jeunes Dirigeants d’entreprise (CJD), les mesures fiscales proposées dans le cadre du contrat de génération sont trop insuffisantes pour inciter les PME à adopter ce nouveau contrat. L’augmentation du taux d’emploi étant conditionnée aux capacités financières de l’entreprise, il s’agirait davantage de diminuer le coût du travail que de proposer des « ristournes fiscales » sur un dispositif qui n’intéresserait qu’une faible quantité des PME qui, rappelons-le, sont celles qui créent le plus d’emploi.

Pour ces raisons, et d’autres encore, le contrat génération nous semble malheureusement être une mauvaise solution à un faux problème.

Et puisque que le sujet porte sur les générations, nous constatons, encore une fois, que la « génération X » ne bénéficie d’aucune mesure la concernant. Cela signifierait-il que les 30-50 ans ne sont pas touchés par le chômage ?