formation generation ySur le départ vers l’Australie, je ne pouvais pas finir cette année scolaire sans un article un peu léger.  
Alors, pourquoi en avoir marre de cette génération Y ?

1 – Parce qu’il n’y en a que pour eux.

Etrange comment les Yers sont plus souvent présentés comme les remplaçants des Baby-boomers. Pourtant, sans prendre d’exemples extrêmes d’entreprises à la pyramide déséquilibrées (victime d’un gel des embauches dans les années 90), c’est tout de même la génération X qui arrive progressivement en haut des hiérarchies. C’est cette génération de quadra qui amène aussi avec elle les changements. Mais cette génération doit-elle finir comme le Prince Charles? Attendre le trône pendant trente ans pour que ce soit le fils aîné qui bénéficie de la promotion?

2 – Parce que l’on commence à trouver de plus en plus de copier-coller qui érigent des lieux communs en vérité scientifique.

C’est ce que j’ai essayé de dénoncer dans un article précédent « Les mythes de la génération Y« . En faisant des recherches vous verrez que les infos vous proposant de décrypter les générations commencent à tourner en rond et que les cabinets de conseil qui utilisent des études pour faire parler d’eux ont trouvés avec la génération Y un thème rêvé pour cela. Je ne citerai pas de noms mais j’ai vu passer il y a peu de temps une étude de 40 pages menée sur un échantillon de 27 personnes…

3 – Parce que les Y continuent d’être disséqués, étudiés et stéréotypés dans des articles commençant par « Décryptez », « Comprendre » ou « Mode d’emploi ».

Il va falloir choisir si vous faites du Management ou de la Zoologie. Lorsqu’un sujet est nouveau, il est bien sûr logique de remonter ce que les chefs d’entreprises, managers et RH ressentent, quitte à utiliser des stéréotypes. J’en ai bien sûr usé il y a quelques années lorsque les Y…ces martiens…débarquaient :-), mais à part pour quelques égarés, nous n’en sommes plus là. Vous avez d’ailleurs dû remarquer que dans ce blog il n’y a plus d’articles sur le sujet de « qui sont les Y ». Nous sommes aujourd’hui à une autre étape, plus concrète et constructive que celle de la compréhension…nous en sommes à l’élaboration de stratégies, à une réflexion sur des modes de management adaptés, etc. C’est ce que j’appelle le « Shift ». Ce sera d’ailleurs l’objet d’un prochain blog dont je vous parlerai à la rentrée.

4 – Parce que vous n’avez toujours pas compris qu’il ne fallait plus se demander si cette culture était différente ou non de la précédente !
Elle l’est. Circulez !  
Mais n’oubliez pas que cette culture est perméable et contagieuse ! Selon les secteurs, la culture Y est présente depuis un moment. La génération Y dans l’informatique par exemple…a 40 ans ! Ce sont les Hypers. Et je ne vous parle pas de ceux qui commencent à se lâcher et adoptent les nouveaux comportements, qui ne sont finalement pas si nouveaux…

5 – Parce qu’elle ne représente pas 16% de la population française.
A l’heure de la prise en compte de la diversité, pourquoi continuer à mettre les gens dans le même panier sous la dénomination d’une seule lettre ? La génération Y est multifacette : Goth, indie, skater, geek, trendies, blinger, myspacers, street rats, bolideur,… et pas « une et indivisible ». Bon sang.

6 – Parce qu’elle nous met face à notre rôle de parent.
C’est bien beau de rejeter la responsabilité de ces mutations ou incompréhension sur les jeux vidéos ou internet. Mais avant cela, ne faudrait-il pas questionner les modes d’éducation des parents dont le rôle a peu à peu évolué du rôle d’éducateur à « donneur d’affection », de « Vas te coucher, c’est l’heure ! » à « – Julien je vais au lit, tu penseras à éteindre l’ordinateur en te couchant ? – Oui, Maman! »

7 – Parce ce que cela créé des conflits de générations.

J’attends encore que l’on me montre des exemples de ces conflits. Pour le moment ce que je vois en entreprise, ce sont des jeunes diplômés avides d’apprendre, des seniors avides de transmettre et parfois entre les deux quelques incompréhensions vite levées grâce à notre méthode de mise en relation que les américains nous envient. Regardez les différences d’usage, pas les différence d’âge !

8 – Parce que c’est à la mode.
Il faut bien le reconnaître, ce sujet est devenu la mode du moment. Pas de nouvelle loi sur la formation, d’initiative gouvernementale sur la diversité ou de grande campagne de communication sur d’autres sujets légaux et chiants (ce sont les legos qui sont amusants) pour occuper les conversations. Ce qui est ennuyeux avec une mode est que « What’s going up…must go down ». A moi de rappeler que notre mission de conseil n’est pas de faire du « Y » mais d’aider les entreprises, RH et  managers à adapter / mettre à jour / dépoussiérer leurs pratiques / outils / méthodes / process / postures.

9 – Parce qu’il faut faire place aux jeunes !
A la retraite les Y, laissez place aux Z/emos/i/c/w/n’importe-quelle-lettre-de-l’alphabet. Les suivants arrivent ! Nous sommes doucement en train d’évoluer d’une culture différente à des modes de pensées différents créant déjà des incompréhensions entre les vingtenaires et les trentenaires. Alors les Yers, ça vous fait quoi de vieillir ?

10 – Parce que cette génération apporte avec elle de vrais changements
Ben nous avions bien besoin de ça. Du changement. Pff. Déjà que vous nous cassez les oreilles avec votre internet, alors si en plus on ne peut plus engueuler personne pour se faire du bien comme mon chef à fait avec moi. Si on ne peut plus avoir de stagiaires gratos pour montrer son pouvoir. Si on ne peut plus compter sur les jeunes pour arriver à l’heure, obéir, dire oui à tout, rester tard sur une promesse… comme moi. Ben où va t’on ?!

Manquerait plus qu’ils veuillent changer le monde ou pire, demandent à avoir du sens ! Sales gosses !