Les Millennials, ces individus aux milles mythes et clichés. Qu’en est t’il vraiment de ce jeune que l’on dit urbain, ultra-connecté et sensible aux enjeux environnementaux ? La formule des 4i peut également être employé pour décrire cette génération : Individualiste, Interconnectée, Impatiente, Inventive.
Aujourd’hui la génération Y (ou Millennials), représente 2 milliards d’individus dans le monde. Selon les cultures, les modes de vie ou les provenances sociales, il est difficile de ranger tous ces individus dans une seule et même catégorie. La Farbrique de la Cité analyse des idées reçues dans une étude « Les Millennials: une légende urbaine ? ».

 

« Idée reçue n°1 : Les Millennials forment une génération urbaine; ceux qui n’habitent pas en ville y aspirent à tout le moins »

 

Alors que dans l’Union Européenne, plus de 72% de la population réside en ville, c’est aux Millennials que l’on attribue l’appellation d’ « urbain ».

 

« Les Millennials âgés de 25-34 ans, poussés par l’évolution du marché du travail et des niveaux de revenus, la mutation des modes de vie (rallongement de la durée des études, âge plus tardif du mariage …) et par une préférence accrue pour un environnement plus dense, desservi par les transports publics, feraient le choix de vivre en ville, là où les générations précédentes optaient plus volontiers pour l’achat d’une maison individuelle dans les « suburbs ». »

 

Mais alors, pourquoi La Fabrique de la Cité parle t-elle d’idée reçue ? Car en réalité, les jeunes Millennials vivant en hypercentre font parti d’une classe privilégiée. En effet, la population des Millennials se concentre dans des espaces plus périphériques, mais urbain.

 

« Idée reçue n°2 : Détachés de l’idée de propriété, imprégnés de valeurs de partage, les Millennials n’aspirent plus à acquérir leur propre logement »

 

Un réel désintérêt pour la propriété semble apparaitre chez les Millennials. En France le nombre de propriétaire de moins de 30 ans est en baisse. Plutôt qu’un détachement, les jeunes traversent une réelle adversité de l’accès à la propriété. Cependant, cette difficulté ne s’applique pas seulement à la génération Y, mais pour l’ensemble de la population la plus modeste.
Traduction: si les jeunes Millennials privilégie la collocation ou encore les espaces de co-working, ce h’est pas seulement parce qu’ils aiment la vie en communauté, c’est plutôt le résultat d’un déficit économique et de la transformation des modes de vie.

 

« Idée reçue n°3 : Les Millennials plébiscitent les transports en commun et délaissent la voiture, vestige du XXᵉ siècle »

 

Les Millennials sont-ils vraiment éperdus des transports publics ? En effet d’un côté, les moins de 30ans empruntent 4 fois plus les transports en commun que leurs aînés. Cependant, pour la majorité, la voiture reste un objet de désir, signe de réussite sociale. Pour des raisons économiques, il est aujourd’hui difficile pour les Millennials de faire acquisition d’une voiture après l’obtention du permis de conduire. Par ailleurs, la propriété d’une voiture est associée au type de territoire de résidence.

 

« Le nombre de véhicules par adulte varie de 0,8 dans les communes rurales à 0,7 dans les pôles ruraux et les pôles des aires urbaines de moins de 100 000 habitants ; il est de 0,6 dans les centres des aires urbaines de plus de 100 000 habitants et la banlieue parisienne, pour tomber à 0,3 dans Paris » d’après le Commissariat général au développement durable

 

On peut donc en venir à la conclusion que c’est l’urbanisation qui explique le déclin du taux d’obtention du permis chez les Millennials (76% en 1992 contre 73% en 2012, chez les 18-29 ans français) ainsi que de l’obtention d’une voiture.

 

« Idée reçue : n°4 : Plus sensibles aux enjeux écologiques que les générations précédentes, les Millennials sont soucieux de préserver leur environnement, une préoccupation qui se reflète dans leurs usages et comportements »

 

En parallèle avec le mode de vie des Baby Boomers, ces consommateurs à outrance, les Millennials seraient plus sensibles à la cause environnementale. On relève notamment que 75% des Millennials se déclarent prêts à payer davantage pour un produit respectueux de l’environnement, contre 51% des 50-64 ans. Si la consommation des Millennials est plus réfléchie et plus « eco-friendly », la majorité ignore le coût écologique de l’usage des technologies. Car si le web est immatériel, il n’en repose pas moins sur des infrastructures extrêmement énergivores.

 

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« Idée reçue n°5 : Les Millennials refusent de se plier à la tyrannie du «métro, boulot, dodo». Affranchis des contraintes du monde physique par la grâce des nouvelles technologies, tout lieu devient pour eux un potentiel espace de travail ou de loisir »

 

D’après les médias, le bureau de travail traditionnel tend à disparaître dans les années qui viennent. En effet, les espaces de co-working sont en pleines expansions. Tout comme le télétravail qui aujourd’hui est de plus en plus fréquent, notamment grâce aux possibilités multiples qu’offrent les nouvelles technologies. Cependant, si ils sont 70% à s’imaginer y travailler, 64% des Millennials sont persuadés que l’on est plus efficace dans un bureau classique. (« Mon bureau de demain II », Chaire immobilier et développement durable de l’ESSEC, 2016, http://chaire-immobilier-developpe-ment-durable.essec.edu/recherches-et-publications/mon-bureau-de-demain-ii)
Par ailleurs, cet essor se traduit par un effacement progressif des frontières du travail, qui est d’autant plus marqué par l’espace virtuel (mail, Cloud et appel Skype).

 

« Comment gérer l’équilibre entre vie privée et professionnelle, entre impératif de réactivité, flexibilité des temps de travail et équilibre de vie ? »

 

« Idée reçue n°6 : Plus idéalistes et moins individualistes que la génération X (31-45ans), les Millenials réinventent l’implication citoyenne par le biais des technologies de l’information et de la communication. »

 

60% des Millennials considèrent que les réseaux sociaux sont un bon moyen pour les partis politiques de se rapprocher des électeurs.

 

« Ainsi, seuls 13% des Américains âgés de plus de 65 ans utilisent les réseaux sociaux à des fins politiques, mais ce taux monte à 60% lorsqu’on le rapporte à la proportion d’utilisateurs des réseaux sociaux au sein de cette tranche d’âge. » (Pew Research Center, « Civic Engagement in the Digital Age », avril 2013, http://www.pewinternet.org/~/media//Files/Reports/2013/PIP_CivicEngagementinthe-DigitalAge.pdf)

 

Ces chiffres montrent qu’en définitive, les Millennials ne sont pas plus engagés politiquement que leurs aînés. Par ailleurs, c’est le niveau d’éducation (en particulier le passage par l’université) qui va jouer un rôle essentiel sur l’engagement civique et politique des individus.

 

« Parmi les 3 millions d’Américains âgés de moins de 30 ans ayant voté lors des primaires du « Super Tuesday » du 5 février 2008, 79% avaient fréquenté un établissement d’enseignement supérieur. »

 

Idée reçue n°7 : Les Millennials urbains nourrissent à l’égard de leurs villes des attentes inédites. La ville dont ils rêvent est dense; ils l’arpentent à pied, smartphone à la main, surfant sur Internet

 

Dans ce dernier point, qui rassemble les clichés précédents, l’analyse porte sur les Millennials et leur potentiel nouveau rapport à la ville.

 

« les attitudes des jeunes urbains à l’égard de la ville ne se différencient pas radicalement ni même fortement de celles des adultes. Sur un plan général, les mêmes critères sont privilégiés par les uns et par les autres pour définir la qualité de la vie en ville »

 

À l’instar de leurs aînés, les Millennials attendent de leur ville que le coup de la vie y soit raisonnable, qu’ils s’y sentent en sécurité et que les infrastructures soient de qualités. Le seul point qui différencie les Millennials des générations précédentes est leur attrait pour les quartiers denses. Des zones alliant commerces et logements ainsi que des réseaux de transports en commun efficace et facilement desservis.

 

Pour en finir avec les Millennials

 

La Fabrique de la Cité conclue son étude en soumettant de ne plus parler de génération mais d’un ensemble générationnel. Car il serait en partie possible que la vision utopique des Millennials décrit par les médias ne concerne qu’un « ensemble générationnel ultra-éduqué, à haut niveau de vie ». Ces derniers en opposition à une majorité silencieuse au mode de viesemblable à celui de ses parents. Cependant il ne s’agit pas d’abandonner le terme de ‘Millennials’, mais plutôt de l’employer avec ménagement notamment d’un point de vu idéologique et sociologique.